Presse

LA CHRONIQUE ARTISTIQUE
de Catherine Guglielmi, L'INDEPENDANT, France

Soshana

Le vernissage de Soshana au Musée Picasso (Château Grimaldi) fut un évenement artistique et mondain digne de l'attachante personalité de l'artiste.

Voyageuse infatigable, cette jeune femme extrêment sympathique nous offre des brassées de souvenirs décantés au soleil d'une âme radieusement compatissante aux douleurs humaines.

Les solitudes de Soshana sont peupleées de méditations où l'amour, éternelle étoile filante, est attendu avec ferceur.

Le mur qui sépare la nostalgie de la métaphysique laisse pressentir des radiations lumineuses qui font de l'énigmatique mot "Fin" un commencment plein de promesses.

L'homme et son destin", ce chétif fantoche, perdu dans l'immensité déchaînnée, nous devient cher par la toute puissance du fil invisble qui l'entraîne, inexorablement, dans une course sans limites.

"La soif dans le désert" semble symboliser un appel saignant des centres vitaux. Tandis que "La guerre" allume son éclatant brasier de haine où l'instinct sanguinaire de l'homme s'apparente à celui de la bête.

Chez Soshana tout est éclatement spontané. Sa forme abstraite semble une manière d'éviter les détours du langage des apparences. Chacun de ses tableaux fait penser à ces fleurs mystiques que certains initiés font éclore de manière palpable par la seule force de leur pensée créatrice. Quoique tangible, leur existence n'est réelle que pour ceux qui participent au jeu.

Parfois l'artiste oublie le drame universel pour se livrer à des joyeux ébats. Sa captivante jeunesse éclate alors en feux d'artifices d'une étrange beauté de coloris et de forme.